Une page Facebook suffit pour commencer, mais elle ne suffit pas pour durer. Si vos clients vous trouvent surtout par le bouche-à-oreille et que vous êtes complet, la page Facebook et une fiche Google à jour font le travail. Si vous voulez qu'un inconnu qui tape « plombier à Moulins » ou « traiteur près de Vichy » tombe sur vous et vous appelle, il vous faut un site, aussi simple soit-il.
Voilà le verdict. Le reste de l'article vous aide à savoir de quel côté vous êtes, avec des critères concrets plutôt qu'un slogan « il faut absolument un site ».
Ce que fait vraiment une page Facebook pour un commerçant ou un artisan
Une page Facebook professionnelle est gratuite, rapide à créer et facile à alimenter depuis un téléphone. Pour la boulangère qui poste la fournée du jour ou le carreleur qui montre un chantier fini, c'est un bon outil de vitrine auprès des gens qui vous connaissent déjà : clients, voisins, famille, anciens chantiers.
Elle sert bien à trois choses :
- montrer que l'activité est vivante (photos récentes, horaires exceptionnels) ;
- garder le contact avec votre communauté locale ;
- recevoir des messages et des avis de clients existants.
Ce qu'elle fait mal, c'est amener des clients qui ne vous connaissent pas. Une page ne vous donne ni la maîtrise de ce qui s'affiche, ni la propriété de votre audience : vos abonnés appartiennent à la plateforme, qui décide de ce qu'ils voient de vos publications. Et le jour où vous cherchez un artisan pour une fuite, vous ne scrollez pas un fil d'actualité, vous cherchez sur Google.
Les chiffres : les entreprises se détournent un peu des réseaux sociaux
L'Afnic, qui gère le .fr, publie chaque année l'étude « Réussir avec le web ». L'édition 2025 s'appuie sur des données collectées entre septembre 2024 et août 2025 auprès de près de 2 500 micro-entreprises, TPE et PME ayant réalisé un auto-diagnostic en ligne. Ce sont les chiffres qui comptent pour vous :
| Canal de présence en ligne | 2024 | 2025 |
|---|---|---|
| Site internet | 70 % | 61 % |
| Réseaux sociaux | 75 % | 64 % |
| Annuaires en ligne | 47 % | 37 % |
Deux lectures honnêtes. D'abord, le site recule aussi : tout le monde ne se précipite pas vers un site, et vous n'êtes pas « en retard » si vous n'en avez pas. Ensuite, les réseaux sociaux perdent 11 points en un an et 18 points depuis 2023, d'après la même étude. Beaucoup de petites entreprises constatent que publier régulièrement coûte du temps pour un retour incertain.
Prudence sur l'interprétation : l'échantillon est composé de répondants volontaires, très majoritairement de micro-entreprises, et ne représente pas toutes les TPE de France. Prenez-le comme une tendance, pas comme une vérité statistique. Source : Afnic, étude Réussir avec le web 2025.
Un détail utile au passage : dans la même étude, les entreprises de 3 ans et plus sont 79 % à avoir un site, contre 49 % pour celles de moins d'un an. Un site est donc plutôt une étape que les entreprises franchissent en s'installant dans la durée.
Page Facebook ou site : le test en 4 questions
Plutôt que de comparer des listes d'avantages, répondez à ces quatre questions.
1. D'où viennent vos clients aujourd'hui ?
Si 9 clients sur 10 viennent du bouche-à-oreille ou de recommandations, la page Facebook est suffisante pour rassurer ceux qui vérifient votre nom avant d'appeler. Si vous voulez de nouveaux clients hors de votre cercle, il faut être trouvable sur Google, et un site est la base de ça.
2. Avez-vous de la place dans votre agenda ?
L'artisan qui a six mois de délai n'a pas besoin de plus de demandes. Celui qui sent un creux en hiver, si. Le site se rentabilise quand vous avez de la capacité à remplir. Un couvreur complet n'a pas le même besoin qu'un coiffeur qui s'installe. Pour un métier précis, voyez notre analyse pour l'artisan couvreur ou celle pour le restaurant.
3. Avez-vous besoin d'une réservation, d'un devis ou d'un paiement ?
Un formulaire de devis qui pose les bonnes questions (type de travaux, surface, délai), une prise de rendez-vous ou un paiement en ligne se font mal dans Messenger. Si vous répondez à dix messages par semaine pour obtenir les mêmes informations, un formulaire sur un site vous fait gagner du temps.
4. Supporteriez-vous de perdre votre page demain ?
Une page peut être restreinte, piratée ou simplement noyée par l'algorithme. Si votre seule présence en ligne est une page que vous ne contrôlez pas, une mauvaise matinée suffit à vous faire disparaître. Un site à votre nom de domaine, que vous possédez, ne dépend d'aucune plateforme.
Le vrai duo gagnant : fiche Google, puis site, puis réseaux sociaux
Pour un commerce local, l'ordre de priorité n'est pas « Facebook ou site ». C'est plutôt :
- Une fiche Google Business Profile complète, gratuite, qui vous fait apparaître dans les recherches locales et sur Google Maps. Notre guide pour créer et optimiser votre fiche Google détaille les étapes.
- Un site simple et rapide qui répond aux questions des visiteurs : ce que vous faites, où, à quel prix indicatif, comment vous joindre. Pour les ordres de grandeur, lisez combien coûte un site internet pour un artisan en 2026.
- Une page Facebook ou Instagram, si vous aimez ça, pour entretenir la relation. Pas pour porter à elle seule votre présence.
La fiche Google renvoie vers le site, le site renvoie vers la page, la page renvoie vers le site. Chaque brique compense la faiblesse des autres.
Le cas du site qui n'apparaît nulle part sur Google
Beaucoup de commerçants ont déjà un site, créé il y a trois ans, que personne ne trouve. Dans ce cas, avant de conclure que « les sites ne marchent pas », faites les vérifications de notre article sur les sites absents de Google. Un site mal construit donne souvent moins de résultats qu'une page Facebook bien tenue, et c'est là que naît l'idée reçue que le site ne sert à rien.
Si vous hésitez aussi sur la façon de le construire, Wix, Shopify ou site sur mesure est la suite logique.
Combien ça coûte de faire les deux ?
La page Facebook coûte du temps, pas de l'argent : comptez une à deux heures par semaine si vous voulez qu'elle vive. Le site demande un investissement une fois, plus un nom de domaine et un hébergement à l'année. L'arbitrage n'est donc pas financier, c'est un arbitrage de temps. Un site qui travaille pour vous sans que vous y touchiez libère du temps, une page qu'il faut nourrir en consomme.
Notre avis chez SiteBourbon
Nous préférons vous dire de garder votre page Facebook et de ne pas faire de site que de vous en vendre un dont vous n'avez pas besoin. Mais si vous voulez de nouveaux clients, si vous perdez du temps en messages, ou si vous voulez être trouvé sur Google, un site vitrine bien fait est l'investissement le plus rentable de votre présence en ligne.
Vous hésitez encore ? Parlez-nous de votre activité, nous vous dirons franchement ce qui vous convient, même si la réponse est « gardez votre page ». Pour voir ce que nous construisons, consultez nos sites web pour artisans et TPE et notre offre marketing local.